Partir à nouveau, toujours pour découvrir de nouveaux horizons et faire de nouvelles rencontres. Mais partir avec son fils découvrir le nord de l’Italie, c’est encore plus fort, plus puissant en terme de sentiments et de souvenirs…

Comme je l’ai souvent dit, je m’efforce de collectionner les souvenirs, ces images qui resteront gravées dans nos mémoires, celles qu’on ne nous volera pas, celles qui ne disparaîtront jamais !

La période Covid nous oblige à revoir nos ambitions à la baisse, la destination sera moins lointaine et la durée plus restreinte. Comme pour son frère Noé, j’ai demandé à Lilian (14 ans) s’il accepterait de faire un road trip avec Papa ! Bien entendu, la réponse fût oui !

Ayant fait l’acquisition d’une nouvelle moto en juin de cette année, une Moto Guzzi V85TT Travel, il m’est venu à l’esprit de visiter la ville originaire de la marque, lieu où elles sont fabriquées et où se trouve aussi le musée renommé de Moto Guzzi, soit la ville de Mandello de Lario sur la rive Est du lac de Come. La destination n’est pas très lointaine et le trip peut être effectué en moins d’une semaine.

Après un départ de Hyères, nous sommes partis avec un groupe d’amis motards en direction du Vercors où nous avons passé deux jours du coté de Méaudres à essayer d’échapper à la pluie, mais en vain ! Nous avons ensuite rejoint la maison de famille d’Anne-Laure qui se trouve à la Chapelle sous Dun en Saône et Loire, où nous avons pris quelques jours de repos…

Jour 1 : 26 juillet 2021 – La Chapelle sous Dun (71) – La Roche de Rame (05) – 367 kms.

J’avais décidé d’entrer en Italie par le col de Montgenèvre se trouvant non loin de Briançon, ce qui nous permet de faire une étape au camping du lac de la Roche de Rame dans les Hautes-Alpes ; La Roche de Rame où j’ai passé toutes mes vacances d’été lorsque j’étais enfant. Mes grands-parents possédaient un chalet avec un grand jardin sur la commune non loin du lac où je me baignais pendant les vacances d’été ; souvenirs qui sont à jamais gravés dans ma tête. J’aime se faire entrechoquer les souvenirs que j’ai de mon enfance avec les souvenirs que mon fils aura de la sienne ! Mélange des lieux, mélange des souvenirs, mémoire presque commune.

Nous partons de la Chapelle sous Dun vers 8h00, direction Belleville puis Bourg en Bresse, ville que j’ai du mal à reconnaître depuis notre départ en 1997, nous prenons la direction de Grenoble où je peux faire la bise à mon ami motard Morad avec qui, j’ai fait de nombreuses balades et trips à moto. Nous nous retrouvons à Vizille, mais c’est en coup de vent, le temps de faire le plein de la moto et de grignoter un morceau car Lilian et moi devons être à Briançon à 15h30, rendez-vous pris dans un laboratoire d’analyses pour qu’il puisse obtenir son test PCR de moins de 48 heures pour tout voyage à l’étranger.

Nous franchissons donc le col du Lautaret séparant Grenoble de Briançon, route magnifique remplie de tant de souvenirs. Arrêt bref à Briançon, puis nous reprenons la route direction la Roche de Rame où je retrouve les paysages et les montagnes de mon enfance. C’est ce qui est bien avec les montagnes, elles, elles ne changent jamais, elles seront toujours là !

Nous montons notre tente, puis Lilian profite de l’Aqua Parc présent sur le lac pour se détendre et se rafraîchir…

Jour 2 : 27 juillet 2021 – La Roche de Rame (05) – Mandello de Lario (Italie) – 373 kms.

8h00 : Je secoue un peu Lilian pour qu’il se réveille, sinon, nous sommes là jusqu’à midi. Rapidement, nous plions notre bivouac et reprenons la route. Nous traversons à nouveau Briançon, puis direction l’Italie par le col de Montgenèvre. Le temps est clément et la douceur de l’air, agréable. Direction Turin que nous n’atteindrons pas car nous bifurquons avant direction Biella. L’application GPS fonctionne bien et je me laisse guider par ses informations, mais de toute façon, j’ai toujours la carte routière papier de l’Italie du nord-ouest en cas de défaillance. La région n’est pas exceptionnelle, assez industrielle, les paysages assez vallonnés incurvent la route en de nombreux virages agréables. Direction Coma puis Mandello de Lario.

J’avais repéré sur Google Map, un camping au bord du lac qui me semblait agréable. Le GPS nous y conduit sans aucune difficulté. Il y a de la place pour notre tente et notre moto. Nous demandons aussi à avoir l’électricité pour recharger nos téléphones, notre tablette et la caméra. Nous sommes un peu les uns sur les autres mais les personnes (français – allemands – Hollandais) présentes dans le camping sont là pour se reposer et se détendre. L’atmosphère est au calme, aux sourires et au respect des uns des autres.

Le temps reste couvert et nous montons rapidement notre tente car la pluie commence à tomber et elle s’acharnera sur nous toute la nuit !

On nous conseille un restaurant de l’autre coté de la rue car celui du camping, ce soir, est fermé ! C’est ainsi que nous gouttons enfin aux pattes et à la pizza italienne et ce ne sera pas la dernière fois !

La bonne cuisine italienne.

Jour 3 : 28 juillet 2021 – Tour du lac de Come – 123 kms

Nous allons passer deux nuits dans le même camping, ce qui nous permet de partir faire le tour du lac de Come et donc de revenir le soir à notre point de départ du matin. Mais, les nuages sont présents, lourds chargés. La pluie tombe, puis s’arrête et recommence… Parfois, le rideau de pluie s’avance sur le lac comme un voile gris, parfois opaque tentant de nous cacher la vue sur les montagnes ou l’autre rive de ce lac magnifique. Qu’importe, cela ne nous décourage pas, malgré la tenue de pluie de Lilian un peu improvisée et surtout bien trop large.

A 3 kilomètres du camping, nous devons nous arrêter à Mandello de Lario, ville natale de la marque Moto Guzzi, visiter le musée emblématique que tout possesseur de Moto Guzzi se doit de visiter. Mais après avoir jardiné quelques temps (chercher sa route dans le jargon du raid moto !), nous nous retrouvons devant la port du musée, fermé depuis le mois de mai pour cause de problème de personnels. Photos de l’extérieur du musée et nous reprenons notre route. Tant pis, ce sera l’occasion de revenir et avec le soleil en plus !

Nous traversons de belles villes où des demeures, propriétés et hôtels imposants surplombent le lac et semblent nous écraser de part leur magnificence et leur « stature ». Après avoir effectué près des 3/4 du tour du lac, nous sommes arrêtés par les carabinieri ; une barrière est en travers de la route. La discussion s’engage dans un anglais compréhensible par les deux parties. Plus loin, la route est coupée à cause d’un glissement de terrain, il faut faire demi-tour ! Nous n’allons tout de même pas faire le tour du lac en sens inverse ? Un des carabinieri m’indique que nous pouvons remonter la route sur 5 kms et à Menaggio, nous pourrons prendre un ferry avec la moto qui nous ramènera sur l’autre rive à Bellagio.

Nous attendons le ferry pendant 15 minutes sous une pluie battante, puis comme en Norvège, nous embarquons sur ces ferries si caractéristiques. Beaucoup d’excellents souvenirs reviennent, puissants, indélébiles, éternels ! Ah quel voyage, la Norvège avec Noé !

En fin de journée, nous rejoignons le camping et là, les nuages disparaissent et laissent la place à un soleil qui nous avait oublié jusqu’à présent . Lilian peut gouter à l’eau du lac et se détendre dans les eaux bleues du lac italien..

Le soir, le restaurant du lac étant ouvert, nous apprécions à nouveau la cuisine du pays dans un environnement à l’ambiance très italienne où de nombreux groupes de personnes rigolent, parlent dans cette langue très présente et saccadée.

Jour 4 : 29 juillet 2021 – Mandello de Lario – Cuneo (Italie) – 273 kms prévus, 373 kms parcourus !

Retour direction le nord de Milan, puis direction Novara, Alessandria, Asti puis Cuneo.

Il y a des journées comme ça, qui commencent comme prévues et qui se finissent mais alors pas du tout, mais pas du tout comme prévues… Avant de vous conter cette journée particulière, il y a deux choses à savoir :

– La première, c’est que depuis le début des vacances en camping, mon matelas ne tient pas gonflé, donc, au bout d’une demi-heure dans mon duvet, je me retrouve à même le sol. Pour la faire courte, je dors sans matelas ! Je ne vais quand même pas piquer celui de Lilian au beau milieu de la nuit, ce serait indigne !

– La deuxième chose à savoir, c’est qu’ici en Italie, les directions par la route sont indiquées sur des panneaux à fond bleu et les autoroutes et voies rapides sur des panneaux à fond vert ! Pour la faire courte, c’est l’inverse de la France !

Mais alors, quel rapport entre ces deux choses ? En tant que motard voyageur qui veut découvrir une région où un pays, je m’efforce de ne pas prendre les autoroutes !!! De plus, j’ai une toute petite confiance dans ce que m’indiquent les GPS et les applis de navigation et je me fie à mon instinct et à la carte papier … Et bien aujourd’hui, c’est le GPS qui avait raison !! Alors qu’il ne nous restait qu’une centaine de kilomètres à parcourir, le GPS me dirige sur une direction fléchée verte avec le panneau autoroute ! P….. de GPS, tu es programmé pour rester sur la route ! Première sortie, je sors !! Sauf que ce n’était pas une autoroute mais une voie rapide !! Je m’obstine à vouloir rester sur la route, résultat : 100 kilomètres de perdus et 2 heures aussi, sans compter qu’il n’a jamais fait aussi chaud ici ! Après environ 8 heures de moto, mon bras droit m’interpelle : « Ça fait 15 jours que tu tournes la poignée de gaz et plusieurs nuits où tu me dors dessus sans matelas ! Ben moi, je fais la grève ! « .

Bon ce soir, pas de camping, on va se trouver un matelas. Je cherche dans Maps une chambre ou un petit hôtel vers Cuneo : Fermé, complet… Reste bien un hôtel sur la magnifique place centrale, mais C’est un 4 étoiles !! Je ne vais tout de même pas arriver tout transpirant dans un 4 étoiles ? Porte à tourniquet comme au Carlton…

« Auriez- vous une chambre pour mon fils et moi ?  » Et là : Tapis rouge : Nous avons été accueillis comme des rois, la moto à été mise à l’abri dans un garage (gratuitement), très polis, ils ont monté nos sacs puants dans la chambre, indiqué les choses à voir à CUNEO, réservé une table dans un restaurant renommé de la ville où j’ai mangé des plats à tomber par terre comme du fromage au feu de bois ou à la fleur de Lavande, un vrai régal ! Ce soir, on dort dans un bon lit.

Jour 5 : 30 juillet 2021 – Cuneo – Hyères – 342 kms.

Départ de Coni direction le col de la Madeleine. Le ciel est chargé, quelques gouttes de pluie frappent la visière du casque. Quelques kilomètres après Coni, un orage s’abat sur nous. Nous sommes obligés de nous arrêter sur le bord de la route … Des automobilistes et camping-caristes se sont arrêtés aussi ! Heureusement, ça n’a pas duré longtemps. Le soleil revient lors de la montée du col de la Madeleine, puis nous redescendons tranquillement sur Barcelonnette où nous faisons la pause de midi. Enfin, nous traversons Digne et enfin la maison.

Maintenant, on se repose et on se souvient !

Ca y est ! En voici d’autres des souvenirs, des images, des émotions qui viennent remplir notre mémoire, notre trésor, notre coffre à souvenirs et peut-être un jour, notre coffre à nostalgie.

Peu importe, ils sont là et il reste encore beaucoup de place, alors, on repart quand ?

Voir le film.